Il est 3 heures,

Le réveil nous tire de notre sommeil. Notre première pensée est pour la météo, horreur le ciel étoilé promis n’est pas au rendez vous au contraire de la neige tombe en flocons très fins… Peu importe, le petit déjeuné avalé nous remontons le glacier qui domine le Paso Supérieur où notre tente disparaît dans la nuit.

Le temps pour Louche de tomber dans une crevasse ( d’où il ressort en disant : «  au matin, ça réveille !! » ) et nous atteignons la base de l’aiguille Poincenot ( 3002 m), l’objectif de notre journée.

En effet , la décision a été prise de grimper cette pointe car juste à sa droite, sa grande sœur le Fitz Roy n’est que glace et givre.

Souch avale les premières longueurs qui nous plongent directement « plein gaz » au dessus d’une barre rocheuse, dominant le lac de Succia 1500 mètres plus bas. La rampe est en bonnes conditions mais quasi improtégeable. Le froid est là, saisissant, il sera, aujourd’hui, notre compagnon. A la fin de la rampe, Louch double Souch et nous sort le grand jeu dans une longueur d’anthologie : du mixte sur un placage très fin de glace ; tête baissée il louvoie dans les longueurs suivantes cherchant à chaque fois une issue. Dédeil finira cette ascension … hivernale. 19 heures, heureux, nous sommes au sommet. Nous branchons la radio et entendons Vince qui vient d’atteindre avec Choub et Rako l’aiguille Mermoz ; hurlant tour à tour dans le poste nous partageons les uns et les autres nos sommets ….

Mais déjà nous plongeons à nouveau dans la face. Les rappels s’enchaînent, enfin notre tente accueille notre cordée ivre de fatigue. Mais peu importe ce soir nous nous endormons avec un rêve de moins et un souvenir de plus…

Il est 3 heures.